Une doudoune est utile mais pas obligatoire, et une polaire seule ne suffit vraiment pas pour le sommet du Rinjani. Les guides estiment le départ avant l’aube à environ 0 à 4 degrés Celsius, et les températures approchent le point de gel avant le lever du soleil à 3 726 mètres. La polaire est une couche intermédiaire : elle garde la chaleur pendant que vous marchez, mais sous une couche extérieure perméable au vent, c’est un plan peu fiable pour une pause ventée près du sommet, et le sommet, c’est surtout des pauses.
Le système qui marche, ce sont quatre pièces ensemble : un haut de première couche gérant la transpiration, une polaire ou équivalent en couche intermédiaire, une veste isolante compressible, et une coque bloquant le vent. La doudoune est un excellent choix pour la couche isolante si vous en possédez déjà une, mais une veste synthétique suffisamment chaude fait le même travail et continue d’isoler si elle prend l’humidité, ce qui compte sur un trek mêlant sueur, pluie et poussière volcanique. C’est la couche chaude plus la couche anti-vent ensemble qui rendent les minutes à l’arrêt confortables ; ni l’une ni l’autre n’y parvient seule.
Pourquoi l’attente est le vrai tueur mérite une explication, car elle pilote chaque décision de vêtement la nuit du sommet. Vous montez en chauffant pendant des heures dans le noir, puis vous restez immobile sur une crête exposée dans un vent proche du gel, à attendre la lumière. L’erreur classique consiste à détremper ses couches intérieures pendant la montée et à n’avoir rien de sec ni de chaud pour la pause. Partez donc assez frais pour ne pas transpirer, aérez en marchant, et enfilez l’isolation avant de vous arrêter, pas après que vos mains ont cessé de fonctionner.
Les détails pratiques achèvent le tableau. Gardez la veste isolante et la coque dans votre sac personnel, où vous pouvez les atteindre dès que le vent de la crête frappe, pas dans un sac resté au camp. Le camp de crête vers 2 639 mètres est déjà froid le soir, donc le même équipement sert pour le dîner devant la tente la veille. Nos porteurs portent le matériel du camp, mais les vêtements du sommet restent toujours un équipement personnel, et nous vérifions au briefing que chaque client possède une vraie isolation plus une couche anti-vent, car c’est cette combinaison, et non une seule veste, que la montagne exige.

